J'ai prononcé son nom des milliers de fois. J'en étais usante. Étonnamment, rien ici. J'entends tellement son nom depuis hier, je me sens un peu bancale depuis.

Je l'ai découvert un peu par hasard, dans une médiathèque, au détour d'un chariot de prêt, c'est le Woodstock sur l'album qui m'a incité à l'emprunter. C'est l'accent indien, les R roulés de friends et de ragaa qui m'ont séduite.

Il regroupait tant de choses que j'apprécie : une époque, un pays, les Beatles, la musique classique indienne, la danse également (j'ai été encore davantage charmée par son frère Uday), un talent immense, un instrument unique, une ouverture d'esprit et un sens de la rencontre impressionnant, le sens de la discipline également.

Je l'ai croisé souvent dans ma vie, sur les murs et dans les sitars de Riki Ram à Delhi, dans la voix de Norah Jones, sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées (là où il se produisit dans la troupe de son frère Uday), dans le tabla tarang. dans le cœur et les doigts d'un talentueux sitariste népalo-parisien et une dernière fois sur la scène de la salle Peyel, pour une leçon de musique annoncée comme son dernier passage à Paris.

Je n'aurai qu'un seul regret ne pas l'avoir écouté avec la passion et la connaissance qui m'aurait fait me lever de mon siège pour lancer un shābāsh tant mérité.

সাবাশ রবি শংকর !